Journal.

27/07/01

 Jean-Paul Noël Abdi : « Dénoncer progressivement les lacunes et les flous de l’accord, mais ne pas attaquer “sabre au clair”. » (A lire dans les Nouvelles d'Addis)

Dans un entretien accordé aux Nouvelles d’Addis, Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) marque son indépendance. Il émet des réserves sur l'Accord de réforme et de concorde civile signé entre le Frud-armé et le gouvernement, envisage les perspectives démocratiques et les libertés à Djibouti, et parle au passé des mutilations sexuelles traditionnelles.

Les PROPOS ont été RECUEILLIS PAR ALAIN LETERRIER

[Paris, 8 juillet 2001]


JPNA. – Avant tout, permettez-moi de vous remercier pour cette interview. Avant tout, je tiens à vous dire aussi combien j’apprécie votre journal. C’est l’un des rares titres qui s’intéresse vraiment à mon pays et à ma région : la corne de l’Afrique, et vous avez une bonne approche du contexte.

 


Ligue djiboutienne des droits humains

 

Les Nouvelles d’Addis. – La LDDH est membre de la Fédération internationale des droits de l'homme. Pouvez-vous nous présenter la spécificité de l'action de votre organisation à Djibouti…
JPNA. – La LDDH Ligue djiboutienne des droits humains, que je préside, est membre de la FIDH à Paris. Elle a aussi obtenu le statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).

Mon passage à Paris est la dernière étape d’un périple qui m’a d’abord conduit au Canada où j’ai suivi une formation organisée par la Fondation canadienne des droits de la personne. Ensuite je suis allé à Washington où j’ai rencontré plusieurs responsables d’ONG et des personnalités. Comme toujours, j’ai été pris en charge et recommandé par l’International Republican Institut (IRI) qui nous a toujours soutenus sans aucune défection et je profite de cette occasion pour remercier tous ses dirigeants.

L’action de la LDDH s’exerce quasi exclusivement à l’intérieur de nos frontières nationales. Cela m’a valu et me vaut toujours des difficultés et des tracasseries du ministère de l’Intérieur et aussi de la part du parquet du Tribunal de Djibouti qui multiplie les embûches.
Depuis sa création, la LDDH a choisi d’occuper le terrain de la communication : communiqués de presse, notes d’information et diffusion d’informations. Nous pensons que dans le contexte actuel et avec les moyens limités qui sont les nôtres, nous sommes efficaces quand nous alertons l’opinion nationale et internationale sur des faits concrets, sur des cas prouvés de violation des droits de l’Homme. C’est aussi notre contribution à l’éducation sur les droits de la personne humaine qui est prévu dans le titre II de notre constitution et dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Les tracasseries et les embûches m’ont appris à agir à deux niveaux : le niveau médiatique qui est la partie visible de l’iceberg et le niveau caché pour protéger les militants qui interviennent dans une semi-clandestinité ; mais qui œuvrent avec la plus grande efficacité possible pour recueillir des informations fiables sur le terrain et pour m’alerter dès que des violations sont commises par le régime.

LNA. – Quel est l’apport de votre organisation dans le cadre de la FIDH ?
JPNA. – Au sein de la FIDH, notre apport pourrait être considéré comme modeste ? Et pourtant nous avons un rôle d’information et nous l’assumons pleinement. Par exemple aujourd’hui, je viens de soumettre à la FIDH un certain nombre de propositions d’action qui pourraient faire évoluer rapidement la situation des droits de l’Homme à Djibouti.

LNA. – Et quelles sont ces propositions ?
JPNA. – Vous comprendrez que je ne peux pas en parler. Sinon le gouvernement prendrait des mesures immédiates pour tenter de les faire échouer. Le succès dépend souvent de la protection de la confidentialité jusqu’à la dernière minute.


Qui est Jean-Paul Noël Abdi ?

 

LNA. – Sous couvers de lutte pour les droits de l'Homme se dissimulent parfois des oppositions négatives ou des tentatives de conquête (ou de reconquète) du pouvoir de la part de politiciens en disponibilité ou écartés… Qu'en est-il concernant Djibouti ?
JPNA. – Votre question est posée avec beaucoup de tact. Je crains toujours d’être trop direct, mais j’ai été éduqué comme cela et il est difficile de se changer à mon âge !

Prenons mon parcours personnel. J’ai fait des études à Grenoble et j’ai milité au sein de la Fédération africaine et l’organisation des étudiants somalis en France.

De retour à Djibouti, j’ai travaillé à la Caisse de prestations sociales (CPS), ce qui m’a conduit à militer pour mettre en application les délégués du personnel. J’ai été très aidé par le directeur de l’époque, Monsieur Mas, qui avait refusé de nous inquiéter en dépit des pressions qu’exerçaient sur lui le président du Conseil de l’époque Monsieur Ali Aref.
Dés le début, j’ai milité au sein de la LPAI (Ligue populaire africaine pour l’indépendance). À la chute du Président Aref, j’ai été nommé directeur adjoint du Cabinet du président Abdallah Kamil, en charge de l’africanisation des cadres de l’administration dans le processus d’indépendance. Au bout de six mois, je suis devenu membre de l’AN et secrétaire du bureau, d’abord sous la présidence d’Ahmed Dini puis, après sa nomination à la primature, sous celle d’Hadgi Saad Warsama
Après et pendant 8 ans, de 1981 à 1989, j’ai été secrétaire de la Commission permanente de l’Assemblée nationale djiboutienne, sous la présidence de Monsieur Ahmed Boulaleh. Ensuite, à la demande du regretté Abdoukalder Waberi Askar, j’ai accepté le poste de secrétaire du bureau de l’AN et j’y suis resté pendant 5 ans de 1992 à 1997.

Vingt ans de carrière parlementaire, cela marque profondément un homme. Malheureusement je retiens surtout une chose : c’est qu’en dépit de tous mes efforts, je n’ai jamais pu faire adopter des textes fondamentaux pour les institutions républicaines ni pour la Démocratie.

LNA. – Quelles sont les raisons de cet échec ?
JPNA. – C’est simple ! C’est uniquement le manque de volonté du chef du palais présidentiel qui cumule les fonctions de chef de l’exécutif, de chef du législatif, de chef du judiciaire ? Car le principe de séparation des pouvoirs n’est pas clairement inscrit dans la constitution !

Mais, pour finir de répondre à votre question précédente, je peux vous assurer que je travaille en toute indépendance. Personne ne me manipule : ni le gouvernement, ni l’opposition djiboutienne, ni les organisations nationales et internationales. Les moyens de la LDDH sont extrêmement limités, mais elle a toujours protégé son autonomie et sa liberté d’expression. De par mon éducation familiale et mon combat de militant, je suis imperméable à toute forme de manipulation et de pression, quel que soit le prix à payer.
Si on accepte de subir des pressions ou d’être manipulé, on se ment à soi-même et cela n’est pas dans mon caractère !

À part cela et pour terminer sur cette question, je peux vous dire que j’appartiens à une tribu minoritaire à Djibouti et qu’à ce titre, et dans le contexte actuel, les portes du pouvoir me sont fermées de toutes les façons. Je n’ai donc aucune ambition politique et je ne soutiens aucun parti, ce qui me laisse libre d’œuvrer pour favoriser un climat de mobilisation contre toutes les formes de dictature.

LNA. – D’accord. Mais, si vous le permettez, pour parachever votre portrait personnel, pouvez-vous me dire qui est Jean-Paul Noël Abdi et quelles sont ses objectifs ?
JPNA. – Je suis le fils de Noël Abdi et d’Antoinette Louis, qui m’ont donné mon nom de baptême : Jean-Paul.
Bien sûr, j’ai des convictions politiques, mais ce sont mes engagements humanitaires qui priment actuellement. Pour moi, le plus difficile, c’est de rester aussi proche que possible de l’honnêteté intellectuelle. C’est d’éviter d’être induit en erreur, afin de ne pas induire les autres en erreur. Je m’oriente de plus en plus vers l’action humanitaire ; c’est un domaine relativement nouveau pour moi ; celui de la défense des droits de l’Homme. C’est rendre service à ceux qui sont opprimés ou victimes de l’injustice et je vous assure que cela m’apporte beaucoup de satisfaction.

En dehors de cela, dès septembre, je me lance dans des études universitaires par correspondance, dans le domaine de la littérature anglaise.


L’accord Frud-armé/gouvernement

 

LNA. – Dix-neuf jours après la signature de l'Accord de réforme et de concorde civile, entre le Frud-armé et le gouvernement djiboutien, la LDDH a publié ses « observations », pour le moins critiques. Sincèrement n'étais-ce pas un peu tôt ?
JPNA. – La LDDH a réagi dès la signature de l’accord, dans un communiqué de presse. Nous avons surtout fait part de notre satisfaction de voir que la paix des armes qui était effective depuis les accords de Paris était devenue une réalité.

Ensuite nous avons étudié en détail le texte de l’accord. Cela nous a conduit très vite à émettre des réserves et à faire état de nos inquiétudes. Les garanties de la paix sociale sont vraiment minces, pour ne pas dire inexistantes. Je veux parler de tout ce qui concerne les libertés fondamentales, la lutte contre la corruption et surtout l’établissement d’un état de droit avec une justice véritablement indépendante du pouvoir politique.
D’ailleurs à ce sujet, je prépare une note d’information. J’y traite essentiellement des réformes démocratiques. Car en dépit des discours rassurants du couple Frud-gouvernement, les choses ne sont pas vraiment claires !

Pour ne pas jeter d’huile sur le feu, nous avons privilégié une communication plutôt soft. Dénoncer progressivement les lacunes et les flous de l’accord, mais ne pas attaquer “sabre au clair”.

LNA. – Vous avez un peu moqué « l'heureuse extase » de certains dirigeants de l'opposition djiboutienne. N'y aurait-il pas place pour un peu de joie, au moins l'espace d'un succès ?
JPNA. – Je n’ai pas l’habitude de me moquer des gens. En revanche, je suis incapable de rester sans réagir quand un homme condamné à six ans de prison avec sursis (dans le cadre d’un attentat qui a tué un enfant), par des juges qui n’avaient aucun élément sérieux dans leur dossier pour l’impliquer, peut utiliser le terme de présomption de sincérité à l’égard du pouvoir et de son chef (1). De telles réactions me dépassent vraiment et je ne peux m’empêcher d’exprimer ce que je ressens.

LNA. – Pouvez-vous préciser les points positifs et les points négatifs, selon vous, de cet accord ?
JPNA. – Pour moi le point positif, c’est que les armes se sont tues le 7 février 2000. Les autres points sont en observation jusqu’à la fin de l’année. Permettez-moi de ne pas vous en dire davantage aujourd’hui.


Perspectives démocratiques et libertés

 

LNA. – Concrètement, que préconise la LDDH sur le multipartisme, les libertés publiques, la liberté de la presse ?
JPNA. – C’est très clair. La constitution du 4 septembre 1992, la loi sur “les partis politiques” et la loi sur “les élections” de la même période sont très clairs sur ce point. Il n’existe dans les textes aucune limitation du nombre de partis. Le vote référendaire n’a pas fait l’objet d’une loi, ni d’aucun texte juridique de référence. En bref, rien n’interdit aux citoyens djiboutiens de déclarer l’ouverture d’un parti politique d’opposition. Mais dans la pratique, c’est impossible, car ni le ministère de l’Intérieur ni celui de la Justice n’acceptent cette réalité que les accords du 12 mai 2001 veulent entériner, à l’exception d’un nouveau parti toléré, celui du Frud d’Ahmed Dini, qui sera de facto le cinquième parti politique, ou plus exactement le septième s’i l’on compte les clonages du PND (2) et du PRD (3).

Quant à la presse écrite, nous craignons que les amendements proposés par le couple Frud-gouvernement soient en définitive des amendements plutôt restrictifs. Tout est encore traité dans le secret et il faut attendre. À notre avis, le degré de liberté publique pourra être mesuré en fonction de celui de la liberté de la presse et de l’ouverture réelle au multipartisme.

LNA. – Quel type de société Jean-Paul Noël Abdi souhaite-t-il pour Djibouti ?
JPNA. – C’est simple :

1) La réelle application du "titre II" de la Constitution du 4 septembre 1992, conforme à la Déclaration universelle des droits de l’Homme ; la ratification par la République de Djibouti des instruments internationaux, en particulier le statut du Code pénal international.

2) Une société libre de poursuivre les personnalités qui ont commis des crimes contre l’humanité.

3) Une société libre de poursuivre les autorités de l’État lorsqu’elles ont détourné des deniers publics et des biens sociaux.

4) Une réelle justice sociale. Sur le plan régional, il est temps ; il est même urgent de préparer la société djiboutienne à l’intégration régionale dans le cadre de la corne de l’Afrique, sans fermer à tout bout de champ les frontières avec nos voisins immédiats.


Mutilations sexuelles traditionnelles

 

LNA. – Selon des données de 1998 (4), 95% des femmes djiboutiennes seraient victimes de mutilations sexuelles, traditionnelles mais interdites par l'ONU. Quelle est la position de la LDDH sur cette difficile question ?
JPNA. – En effet, ces pratiques ont fait partie de nos traditions et de nos cultures. La religion musulmane ne recommande que la circoncision et ce que l’on appelle "une petite saignée" pour les filles. L’infibulation est une pratique qui se comprenait dans la brousse. Aujourd’hui, elle est punie par la Loi. Dans la pratique, elle disparaît, car personne ne veut pratiquer cet acte : les médecins bien sûr refusent et les vieilles femmes qui le faisaient sont en voie d’extinction. On peut considérer que ce problème ne sera plus qu’un mauvais souvenir.


(1) Jean-Paul Noël Abdi fait ici référence à Aden Robleh Awalleh, président du PND, et à sa condamnation dans l'affaire dite du "café de Paris".
(2) PND : Parti national démocratique, opposition.
(3) PRD : Parti pour le renouveau démocratique, opposition.
(4) Cf. interview de Mme Hawa Ahmed Youssouf, ministre des Femmes et de la Famille, cahier Jeune Afrique Plus spécial Djibouti.

 

 

12 juillet 2001

Ouverture de ce site avec la participation active de l'ARDHD.

11 Juillet 2001 - Le site est ouvert partiellement

Avec le soutien de l'ARDHD, nous avons transféré l'intégralité du site qui était hébergé, jusqu'à maintenant, à l'adresse: http://www.ardhd.org

Ensuite, nous allons inclure progressivement de nouvelles rubriques et en particulier :

 - publication d'un journal

 - bulletins d'information et bulletins d'alerte

 - insertion des archives avant 2000.

Nous remercions l'ARDHD pour son aide très précieuse.

 

27/06/01

Message de Jean-Paul Noël ABDI, Président de la LDDH, à l'occasion de la fête de l'indépendance.

 

Aujourd'hui, c'est le 27 juin 2001.

Le 27 juin 1977,le peuple djiboutien a accédé à son Indépendance.

Aujourd'hui ,le bilan du respect de la personne humaine prévu par le titre II de notre Constitution, par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, me paraît très négatif, les violations intolérables des Droits de la Personne humaine sont lourdes de conséquences pour notre peuple, malgré les excellents instruments juridiques de la République de Djibouti, instruments juridiques constamment violés, quotidiennement bafoués, très souvent avec des méthodes sournoises intolérables.

Cher Schaal, en ce jour inoubliable, à travers ton site, je souhaite BONNE FETE à tous les djiboutiens,en particulier, ceux qui sont en prison ,ceux qui souffrent, ceux qui sont en exil, ceux qui sont à l'étranger.

.BONNE FETE à tous mes compatriotes, à tous nos amis qui dans la discrètion et l'efficacité soutiennent le juste combat pour les Libertés fondamentales en
République de Djibouti.

BONNE FETE à vous cher Schaal, à vos proches, aux membres de votre Association pour le Respect des Droits de l'Homme à Djibouti.

Nous encourageons notre ami Schaal, malgré les critiques parfois non fondées, malgré parfois les termes insultants, nous l'encourageons à continuer - de soutenir ouvertement nos actions pour le respect des Droits Humains - à dénoncer avec courage et
publiquement toutes les violations, tous les sévices commises à Djibouti et transmises à votre attention.

Amicalement
Jean-Paul

Note de l'ARDHD :

Merci beaucoup à Jean-Paul Noël Abdi pour ce message si amical. Il est vrai qu'il est impossible de plaire à tout le monde en même temps. Certains nous adressent parfois des messages très critiques, dès lors qu'ils s'estiment en désaccord avec telle ou telle opinion exprimée... Nous avons tendance à considérer que c'est une force pour le pays, à partir du moment où les Djiboutiens se forgent leur propres convictions et surtout qu'ils souhaitent les défendre : c'est la raison pour laquelle nous donnons à chacun la possibilité de s'exprimer sur le site, qui agit en quelque sorte comme un forum.

Simplement nous demandons aux lecteurs de réserver leurs critiques exclusivement en réaction aux articles que nous écrivons - ils commencent tous par "Note de l'ARDHD", sinon ils sont clairement signés "Jean-Loup Schaal" ou d'adresser des réponses aux lecteurs concernés. Ces réponses étant toujours publiées.

Cher Jean-Paul, nous continuerons à oeuvrer aux côtés de la LDDH, pour le rétablissement de la Démocratie et de la Justice pour tous les Djiboutiens et nous n'hésiterons jamais à alerter sur les risques possibles .... même si cela doit être considéré comme politiquement incorrect. La langue de bois n'est pas dans notre culture et nous serions impardonnables si nous n'utilisions pas notre position qui nous met à l'abri de tous les coups bas que Guelleh réserve à ses détracteurs.

 

14 Janvier 2001

Engagements de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)


La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se félicite de son admission définitive comme membre affilié correspondant de la FIDH et elle tient à remercier d'une manière solennelle tous les membres de la FIDH, qui, sans exception, l'ont acceptée et accueillie, dans leur sein.

La LDDH considère cette affiliation comme un encouragement à continuer et à redoubler ses efforts et son combat légitime en République de Djibouti :

a) Pour le respect, la protection et la promotion des Droits de l'Homme,
b) Pour l'instauration d'un réel Etat de Droit
c) Pour une Justice totalement indépendante
d) Pour un développement économique, social et culturel dans la transparence, la bonne gouvernance, guidé par la justice sociale et le respect de l'autre sans distinction de race, d'ethnie, de tribu, de religion et de sexe
e) pour éradiquer toutes les formes de l'impunité.

L'ensemble des travaux de ces quatre ateliers sont étroitement liés l'un à l'autre.

Il nous est difficile de vous reproduire, tous les documents sur ces travaux, qui sont énormément intéressants, nous vous présentons nos excuses. Néanmoins, nous reproduisons à votre attention les documents qui reflètent à notre avis des points forts.

En marge des travaux du 34ème Congrès, des contacts et des échanges d'informations ont eu lieu avec différentes personnalités, en particulier avec l'Observatoire des Défenseurs des Droits de l'Homme.

 

4 Mai 1999

Creation de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains.(LDDH)

Juste après les dernières élections présidentielles, j'ai décidé pour des raisons de convictions personnelles de consacrer et d'orienter mes activités vers les domaines de l'humanitaire.

C'est ainsi que le 4 mai 1999 nous avons créé la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) et en présence d'un huissier nous avons dressé un procès-verbal contenant les noms des membres du Conseil d'Administration.

Dès le lendemain de mon élection à la Présidence de la LDDH, j'ai remis une lettre de démission le 5 mai 1999 au Président du Groupe pour la Démocratie et la République (G.D.R.) M. Moumin Bahdon Farah de toutes mes responsabilités au
sein du G.D.R et immédiatement après au Président de l'Opposition Djiboutienne Unifiée (O.D.U) M Moussa Ahmed Idriss de toutes mes responsabilités au sein de l'O.D.U.

En effet, je considère qu'il y a incompétence entre mes responsabilités en tant que Président de la LDDH et mes responsabilités au sein d'un Parti (qu'il soit de l'Opposition ou non) et ceci par principe et par souci du respect de l'éthique.

Actuellement grâce à cette indépendance acquise dès le début, il m'est plus facile de travailler librement pour le respect des droits fondamentaux, notamment les droits de l'Opposition.

C'est dans ce cadre que nous défendrons par tous les moyens possibles, tous les citoyens victimes de l'injustice.

Nous ne manquerons pas de participer à la formation, à l'information et de soutenir toutes les actions positives du gouvernement en faveur d'un Etat de Droit et d'une réelle Démocratie avec une Justice totalement indépendante. Voilà grosso-modo notre ligne de conduite.

Depuis le 4 juin 1999, nos relations avec le Ministère de la Justice chargé des Droits de l'Homme sont régulières et étroites. Nous les tenons régulièrement informés de nos activités et sommes toujours à leur disposition. Nous sommes persuadés et (nous préparons des dossiers dans ce sens), que notre participation prochaine aux travaux des Etats Généraux de la Justice sera couronnée de propositions positives et actuelles.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains avait, dès le mois d'août 1999, lancé des Appels pressants pour la Paix et l'ouverture des négociations afin de mettre fin à cette guerre fratricide. Notre dernier Appel a été émis le 7 janvier 2000. Le 7 février 2000, soit un mois après, l'Accord Cadre entre le Gouvernement et le Frud a été signé.

Afin de mieux accompagner les négociations pour que la Paix soit juste, globale et définitive, nous avons décidé de participer activement par le biais de la formation et l'éducation pour une culture de la Paix.

Grâce à l'International Republican Institute (IRI) nous avons pu obtenir un soutien moral, technique et financier.

 

 

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